Le Niger perd aujourd’hui l’un de ses bâtisseurs culturels. Harouna Coulibaly, écrivain, dramaturge, scénariste et cinéaste, est décédé ce jeudi 11 décembre 2025, des suites d’une longue maladie. Son œuvre, dense et cohérente, a marqué plusieurs générations d’artistes et de lecteurs.
Dès la fin des années 1980, il s’impose comme plume engagée dans Sahel Dimanche, Haské et Tribune du Peuple. Son écriture, tournée vers les réalités sociales, dénonce les dérives politiques et appelle à une société plus juste. En 1989, il prend la tête du club de lecture du CCFN Jean Rouch et, l’année suivante, coordonne l’APROCULT. Il apportera également sa contribution aux Organisations des jeunesses panafricaines du Niger. En 1995, sa pièce Le Devoir devient une référence du théâtre critique nigérien. Adaptée un an plus tard en film sous le titre Wadjibi, elle marque son passage décisif vers le cinéma.
Son engagement pour le 7e art le conduit à des formations professionnelles à Ouagadougou puis à Dakar, avant son élection à la présidence de l’Association des Cinéastes Nigériens en 1999. Il multiplie ensuite les projets au Niger et dans la sous-région, réalisant notamment la série malienne Awa, la consécration en 2012. La même année, il rend hommage à l’un des pères fondateurs du cinéma nigérien avec L’étoile filante du cinéma nigérien, un documentaire consacré à Oumarou Ganda. En 2013, il signe son long métrage Le droit chemin, avec la participation de Yazi Dogo.
Au-delà de ses œuvres, Harouna Coulibaly aura été un pédagogue, un militant culturel et un passeur de mémoire pour le cinéma nigérien.
La communauté culturelle perd une figure de proue.
Qu’Allah lui ouvre les portes de Son paradis et apaise le cœur des siens.
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