Le sérieux d’un État se mesure aussi à la place qu’il accorde à sa Culture. Et chez nous, ce miroir est fissuré depuis trop longtemps.
Au Niger, la Culture n’a jamais occupé la place qu’elle mérite. Reléguée au second plan, banalisée, elle est perçue comme un luxe et non comme une force de développement.
Dans un passé encore récent, le ministère en charge de la Culture était déjà considéré comme le parent pauvre du gouvernement, celui de « Kadé Kadé », sans moyens, sans vision, sans ambition.
Mais il serait trop facile d’en accuser uniquement les décideurs. Les artistes, eux aussi, ont leur part de responsabilité. Par leur silence, leur manque d’unité ou d’audace, ils ont contribué à rendre leur propre secteur invisible. Il est temps de faire leur mea culpa, de se réinventer et de reprendre la parole.
Nos voisins du Mali et du Burkina Faso en donnent la preuve : leurs cinéastes et acteurs culturels ont su transformer leurs industries créatives en leviers de reconnaissance et de rayonnement.
Pendant ce temps, le Niger reste à la traîne. Pourquoi ?
Parce que le décideur ne comprend que si le répondant parle.
Or, chez nous, le répondant qui est le cinéaste, l’artiste, le créateur, se tait trop souvent.
Pendant que nos voisins de l’AES avancent, nous hésitons encore, faute de voix fortes pour dire, montrer et défendre nos réalités.
Il est urgent que les artistes nigériens reprennent leur rôle : réagir, créer, interpeller.
Car un pays sans répondant culturel, c’est un pays sans miroir.
Et un décideur sans miroir, c’est un aveugle au volant.
Anaouar O. HAROUNA
Le sérieux d’un État se mesure aussi à la place qu’il accorde à sa Culture. Et chez nous, ce miroir est fissuré depuis trop longtemps.