Dans les rues de la capitale, les maïs rôtis assaisonnés au sel font le bonheur des passants. Mais au-delà de ces plaisirs de saison, un autre « produit local » attire désormais l’attention : l’initiative de jeunes Nigériens regroupés au sein de l’Action Citoyenne pour la Reconstruction des Villes au Niger (ACRN-Sahel), déterminés à redonner à Niamey un nouveau visage.
Un projet né d’un retour au pays
À l’origine, Adamou Cissé Moustapha, ingénieur en génie civil formé au Togo. Avec ses camarades, il décide de rentrer au Niger après avoir vu la mobilisation des Burkinabè pour reconstruire leur pays. « Nous avons choisi de revenir pour voir ce que nous pouvions faire pour le nôtre », confie-t-il.
Depuis trois mois, ces jeunes multiplient les actions concrètes : recensement des routes impraticables, sensibilisation dans les quartiers et surtout lancement d’un ambitieux programme de formation de 500 jeunes (100 par commune à Niamey) pour les impliquer directement dans les travaux.
Des débuts modestes mais prometteurs
Avec leurs propres moyens, les membres de l’ACRN-Sahel fabriquent chaque week-end des pavés dans un local mis à disposition par la mairie de Niamey. Le projet a déjà reçu un soutien matériel conséquent :
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40 tonnes de ciment, du sable et du gravier offerts par la ville de Niamey ;
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Des dons individuels, dont deux tonnes de ciment envoyées depuis les États-Unis ;
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Du matériel de chantier (pelles, truelles) fourni par des bénévoles.
Mais les besoins restent énormes. « Nous lançons un appel pour obtenir des bétonnières, des malaxeurs et des tables vibrantes », insiste Adamou Cissé.
Une dynamique citoyenne
Pour Abdoul Nassirou Seydou, chargé de communication de l’ACRN-Sahel, l’initiative se veut avant tout un réveil patriotique :
« Depuis plus de 20 ans, nos quartiers souffrent des mêmes problèmes d’inondation et d’insalubrité. Nous ne pouvons plus attendre, nous devons nous lever pour chercher nous-mêmes des solutions. »
Il rappelle que l’objectif n’est ni la gloire ni la récompense, mais bien le pays avant tout.
Vers une extension nationale
Si le projet réussit à Niamey, ses initiateurs espèrent l’étendre à d’autres villes du Niger, elles aussi confrontées aux mêmes défis d’assainissement et de voirie.
En attendant, leur leitmotiv continue de résonner dans les fada et les quartiers :
« Se lever ensemble afin de changer le quotidien de notre pays et embellir nos villes. »
Source : ANP crédit photo : ©ONEP