Chaque jour, au lever du soleil, des scènes insoutenables se répètent sur les artères de Niamey : des enfants, parfois âgés de cinq ans à peine, guidant des personnes non-voyantes pour mendier. Ces enfants, privés d’école, d’insouciance et d’avenir, sont les victimes silencieuses de notre indifférence collective.
Il y a quelques mois, le Gouverneur de la ville de Niamey avait initié une action salutaire pour mettre fin à cette pratique. Mais sans suivi rigoureux, sans mesures durables, cette initiative risque de rejoindre la longue liste des promesses oubliées.
Trois actions s’imposent aujourd’hui :
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Un recensement et un retrait immédiat des enfants des rues concernés par ce phénomène.
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La mise en place de structures d’accueil et de réinsertion adaptées, en partenariat avec les associations de protection de l’enfance.
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Des sanctions fermes à l’encontre des parents et des adultes complices, afin de mettre fin à cette exploitation.
La Direction de la Protection de l’Enfance et la Brigade pour la protection des mineurs doivent assumer leur rôle, avec le soutien de l’État, des municipalités et des organisations de la société civile.
Un enfant a droit à la protection, à l’éducation et à la dignité. Laisser prospérer ce trafic d’innocence, c’est hypothéquer l’avenir de tout un pays. Niamey doit choisir : agir maintenant, ou continuer à détourner le regard.
O.H.A