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Commémoration du mouvement historique scolaire du 9 février 1990 : grand rassemblement à la mémoire des martyrs Commémoration du mouvement historique scolaire du 9 février 1990 : grand rassemblement à la mémoire des martyrs

Ils étaient nombreux, le 9 février passé, les étudiants, lycéens et jeunes collégiens qui ont convergé, hier matin, au Rond point Kennedy, baptisé ‘’Place des martyrs’’ où ils devraient commémorer, comme c’est le cas chaque année, les événements du 9 février 1990. Le thème retenu cette année est « l’USN : comment s’adapter au contexte démocratique ? ».

Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le Secrétaire général de l’Union des Étudiants Nigériens à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, M. Djibrilla Annasse, a indiqué qu’ils sont dans la vingt et une inième année des événements du 9 février 1990. ‘’Cette journée est une date qui a marqué l’esprit des Nigériens en particulier et l’esprit du monde entier à travers ce qui s’est passé à la suite d’une manifestation pacifique engagée par les scolaires nigériens en vue de permettre l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études. La surprise était grande et amère de nous heurter à une intervention musclée des forces de l’ordre, à l’issue de laquelle nous avons enregistré trois (3) morts », a-t-il ajouté’’.

Depuis lors, a-t-il affirmé, si nous assistons à une prolifération des partis politiques, à la liberté d’expression, bref à l’implantation de la démocratie dans notre pays, c’est grâce à cette date. En effet, a-t-il rappelé, pendant un moment l’USN était avant-gardiste et continue à garder la même position. Il faut désormais que les scolaires s’impliquent davantage de la même manière dont ils s’étaient donnés pour l’avènement de la démocratie.

M. Djibrilla Annasse devait par la suite justifier le choix du thème retenu qui, selon lui, part d’un simple constat : « Les militantes et militants de l’USN commencent à se désintéresser parce que le résultat n’est pas toujours probant. Pour lui donc, une telle innovation permettra désormais, au delà de la communauté scolaire, qu’on intéresse aussi le peuple nigérien pour que le 9 février1990, tout comme le 18 décembre et le 3 août, puissent attirer l’attention du peuple pour qu’il se dise que c’est une fête, bref pourquoi ne même pas penser à l’ériger comme une fête nationale ? », a-t-il expliqué.

Toutes ces propositions, a-t-il dit, ‘’sont des innovations et nous osons espérer qu’avec l’approche des anciens cadres et anciens dirigeants de l’organisation, nous sortiront des réflexions pouvant nous permettre désormais de faire en sorte que cette date soit gravée dans la mémoire du peuple nigérien’’.

S’agissant de la justice à propos des martyrs, M. Djibrilla Annasse a précisé que c’est pour cela même que les manifestations continuent parce qu’évidemment, il n’y a pas eu gain de cause. ‘’Et ce n’est pas pourtant une raison de baisser les bras. Avec le courage et la détermination, on parviendra à bousculer une montagne. Le combat doit être continué dans la lutte tout en pensent à la réorienter véritablement pour que les attentes des camarades puissent se concrétiser’’.

Il a rappelé que les étudiants qui ont perdu leur vie dans cette lutte sont en l’occurrence Alio Nahanchi ; Issaka Kaina dont le restaurant de l’Université Abdou Moumouni porte actuellement son nom ; Abdou Mamane Saguir. S’ajoutent également une dizaine de camarades qui sont handicapés à vie. Le Secrétaire général de l’USN a enfin indiqué que ‘’le bilan qu’on peut tirer est un bilan positif, même si justice n’est pas rendue ».

Constatant que depuis lors même l’on assiste à des coups d’État cycliques pendant les deux dernières décennies dans notre pays, l’aspiration à la démocratie est indéniable, car à chaque fois, le dialogue finit par triompher et s’implanter comme l’arme la plus invincible, a-t-il conclu. Pour l’histoire, il faut rappeler que le monde estudiantin a joué un rôle déterminant dans l’avènement du vent de la démocratie dans notre pays.

En effet, la violente répression de la manifestation menée par les étudiants de l’université Abdou Moumouni de Niamey, le 9 février 1990, en réaction aux mesures d’ajustement du secteur de l’éducation, et qui s’est soldée par la mort de trois étudiants, a beaucoup joué dans l’instauration du renouveau démocratique dans notre pays.

Daouda Hassane

11 février 2011 publié le10 févrer 2011 Source : Le Sahel




écrit par Omar
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