CAPITAINE IDÉ SEYNI ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ DE LA Communauté Urbaine de Niamey (CUN) :
Le capitaine Idé Seyni a été appelé au lendemain du coup d’Etat du 18 février 2010 pour accomplir cette mission alors qu’il était à l’extérieur sous la coupe des Nations Unies, pour le maintien de la paix. C’est tout un symbole. Dès sa prise de fonction à la CUN, il a identifié des priorités qui étaient déjà exprimées dans ce que l’on nomme « Programmes d’investissements prioritaires (PIP) de la CUN et de ses démembrements que sont les cinq communes qui la composent. L’administrateur délégué a donc établi ses priorités par rapport au constat qu’il a fait.
‘Les Priorités du Maire de la Transition de Niamey !!’
Ces priorités sont les suivantes : la lutte contre l’insalubrité, le curage des caniveaux, la fluidité de la circulation routière, l’assainissement des opérations de lotissements, l’approvisionnement en eau potable pour les quartiers périphériques, l’équipement et le renouvellement du parc auto du garage municipal, la recherche de nouveaux engins et le traitement de points de stagnation des eaux. C’est tout un vaste programme que le capitaine Seyni s’est tracé. Pour la réussite de sa mission, il a sollicité ardemment la collaboration des populations de la capitale qui se plaignent de l’insalubrité et du problème d’hygiène et d’assainissement. Pour lui, les habitants de Niamey contribuent par leur comportement de tous les jours, à rendre la ville plus insalubre. C’est pour cette raison qu’il a initié l’opération « Niamey ville propre ». Les résultats sont palpables même si ces derniers temps, une société privée chargée du ramassage des ordures est en proie à des problèmes internes avec son personnel. Les désagréments ainsi créés ne sont pas du fait des responsables de la Communauté urbaine de Niamey qui s’attèlent d’ailleurs à trouver une solution définitive à ce problème en attendant l’acquisition de leur propre matériel pour la voirie. Idé Seyni y tient beaucoup. Il tient également à ce que les habitants de Niamey s’appropient toutes les actions et s’impliquent davantage en adoptant des comportements responsables. Pour montrer toute la volonté de faire de cette ville, un cadre où il fera bon vivre, l’administrateur délégué de la Communauté urbaine de Niamey a initié avec le peu de moyens dont son entité dispose, le curage des caniveaux. Les résultats sont palpables en cette saison d’hivernage.
Certes, les besoins sont énormes et il y a beaucoup d’efforts à fournir pour faire de Niamey, une capitale moderne. En ce qui concerne les routes qui sont dans un état déplorable à Niamey, e capitaine Idé Seyni a entrepris des actions avec l’appui de bailleurs de fonds extérieurs. L’objectif visé à ce niveau là est de désenclaver certains quartiers, réhabiliter des routes et paver d’autres. Les travaux entrepris sont visibles. C’est tout un vaste programme qui durera des mois, voire au-delà de la transition. Et c’est là où on voit le bulldozer de Niamey qu’est Idé Seyni. La capitale du Niger était aussi reconnue comme étant une ville où les gros porteurs ou plutôt leurs conducteurs ou les commerçants propriétaires agissaient en maîtres absolus. Il fallait arrêter cette situation pour la sécurité même des usagers des axes routiers de la capitale et Idé Seyni a pris à bras le corps le problème. C’est ainsi que des parkings complémentaires ont été créées pour les gros porteurs en dehors de la ville et la réglementation appliquée dans toute sa rigueur. Maintenant, il reste le problème des parkings de voitures d’occasion qui essaiment dans la capitale.
Le bulldozer de Niamey y pense aussi. Cette question de gros porteurs et de parkings anarchiques a toujours été au centre de discussions mais les solutions trouvées n’ont jamais été appliquées parce que les hommes politiques au pouvoir avaient d’autres intérêts à sauvegarder. Ce qui n’est pas le cas d’une équipe de transition militaire ! En tout cas pas celle des tombeurs du tazartché. Un autre dossier sur lequel l’administrateur délégué de la Communauté urbaine de Niamey se penche, est le retour à la raison des niaméens par rapport aux cérémonies de mariages, baptêmes et même décès. Pour ces occasions là, des folies se font. On dépense énormément d’argent pour la dot, le foyandi, les uniformes, les valises, les cortèges, les marabouts… Tout est occasion pour des dépenses ostentatoires alors même que le pays est classé parmi les plus pauvres du monde. L’étalage des richesses que font certaines personnes à ces festivités là, choquent les démunis, les laissés pour compte ou ceux qui n’ont jamais volé l’Etat ou ses démembrements, qui n’ont jamais été corrompus ou fait de la surfacturation…
‘Idé Seyni contre les depenses ostentatoire lors des ceremonies dans la ville de Niamey’
Si Idé Seyni a voulu réunir tous ceux que la capitale comptent comme chefs de quartiers, leaders religieux et autres leaders d’opinion, c’est pour trouver une solution à ce problème qui gangrène notre société. C’est là aussi un véritable bulldozer qui s’attaque à un bloc de pierres qui représentent ces mauvaises habitudes prises et qui n’ont rien à voir avec nos traditions. S’il réussit son coup, il aura rendu un grand service à tous ces jeunes hommes et femmes qui veulent convoler en de justes noces mais qui ne peuvent pas le faire faute de moyens financiers, il aura moralisé certains « griots » et « marabouts » et d’autres chefs de quartiers avides de prébendes. Il aura surtout réussi à nous amener à nous regarder dans un miroir et à revenir sur terre. Ce sera un grand service qu’il aura rendu à cette jeunesse dont il fait partie et qui se cherche. En fait pourquoi, au même titre que les autres qui se sont illustrés ces derniers mois par leur prouesse depuis les événements de 18 février 2010, il ne pourrait pas bénéficier d’une promotion au sein de son corps.
Cela confortera la jeunesse qu’il incarne et récompensera l’esprit d’initiatives qu’il a. Son mot qui frappe le plus est celui là : « je suis un militaire, mais je crois pouvoir m’imposer le principe de la gouvernance locale participative au vu de ma fonction actuelle ». C’est une véritable adresse à tous les habitants de la capitale et surtout à l’endroit des jeunes.
Écrit par A.S (Le Démocrate du Mercredi 30 juin 2010)
Le bulldozer de Niamey, c’est le sobriquet que certains proches et ou collaborateurs de l’administrateur délégué de la Communauté urbaine de Niamey ont donné à ce jeune capitaine auquel les nouvelles autorités avaient fait appel pour venir assumer ce que lui-même a qualifié de mission parce que ce n’est pas un mandat qui l’a amené là. Et il avait pris l’engagement « d’atteindre les objectifs ». C’était à l’occasion d’un entretien qu’il avait accordé à un confrère du Sahel. Dimanche, quelques semaines après sa nomination.
Niamey ça bouge
